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un 1er mai sans drapeaux, sans cortèges mais jamais sans revendications

Oleg Gafner, 30.04.2020

Le 1er mai se fera sans manifestations sans drapeaux rouges, sans cris galvanisant et sans cortège, mais il ne sera en tout cas pas sans revendications. Alors que la pandémie de coronavirus nous assigne à résidence, nous, celles et ceux ayant le luxe de pouvoir rester tranquillement chez soi, d’autres sont aux fronts contre le virus. Aux premières loges : les petits salaires, les femmes et les tous les autres grands oubliés du patronat. Le 1er mai 2020 ne doit pas être une journée de confinement comme une autre, elle doit mettre en lumière les disparités et la vraie valeur de ces métiers souvent précaires ou précarisant qui supportent tout le poids du système économique en place.

Alors que la plupart d’entre nous se terrent dans nos appartements et dans nos lits, une certaine routine se met en place durant le confinement. Nos besoins ne s’arrêtent pas pour autant : on sort acheter de la nourriture ou on contacte les aides à domiciles pour nos grands-parents. À chaque fois, derrière la porte ou derrière le téléphone : une travailleuse, un travailleur. Eux ne sont pas en télétravail. Qui sont-elles ? Qui sont-ils ? L’idée de cette note de blog n’est pas de lister les corps de métiers qui ont font front au virus, car elle serait non-exhaustive et discriminante pour celles et ceux qui seraient oubliés. Afin de palier à cette question, nous pouvons choisir de ne pas lister celles et ceux qui font un travail sous-valorisé et sous-payé, mais de simplement regarder celles et ceux qui battent des ailes pour justifier leurs hauts salaires et chercher à tout prix le salut des gouvernements pour étatiser leurs pertes alors même qu’ils privatisent leurs profits. En adoptant ce point de vue, vous ne devez plus que vous concentrer sur quelques profiteurs. (Qu’on appelle comme cela autant parce qu’ils font des profits économiques que parce qu’ils profitent de l’économie actuelle). Le 1er mai doit pouvoir mettre en lumière ceux qui se démènent à justifier lors domination sur toutes celles et ceux qui ne font rien de plus que l’accomplissement de leur travail nécessaire.

Le 1er mai en ligne est d’ailleurs possible uniquement pour celles et ceux qui ont le capital domestique et financier de travailler depuis Google drive ou pour celles et ceux qui ont fait les frais des politiques honteuses de licenciements ou de mise en congé pour préserver les dividendes des entreprises. La plupart des autres travailleurs et travailleuses qui auraient été dans la rue pour crier les droits et leurs revendications au moins une fois dans l’année, seront cette année, contraintes de se priver de 1er mai, pour faire tourner le pays, nos hôpitaux, nos systèmes de soins, nos magasins et garantir l’hygiène dans tous les bâtiments qui sont appelés à rouvrir très bientôt.

Pendant que certains brasseront de l’air avec leurs bras pour essayer de sauver et de justifier leurs profits, nous saurons faire de ce 1er mai 2020, la journée de reconnaissance de toutes celles et ceux qui utilisent leurs bras pour nous nourrir, nous soigner et nous protéger et nous, celles et ceux qui lanceront quelques nouveaux hashtags depuis nos ordinateurs par solidarité, nous nous souviendrons au-delà du 1er mai que nous devons maintenant changer de système de valeur et revaloriser immédiatement les emplois essentiels.

Solidairement vôtre.

Oleg

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Über den Autor

Oleg Gafner

Co-président des Jeunes Vert-e-s Suisse
Vice-président des VERTS Suisse
membre du comité des Verts lausannois

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